dimanche 22 août 2010

migraine du 17e


Cornelis Corneliszoon Jol venait d'apercevoir les galions du perfide Carlos de Ibarra.

En cette belle après-midi d'un mardi du mois d'Août 1638, Cornelis Corneliszoon Jol, qui s'était assoupi sur son butin de la veille, alla se dégourdir les jambes sur le pont de son rutilant vaisseau. Il posa le pied sur la balustrade pour refaire son lacet quand il se rendit compte qu'il n'en avait pas. Mais au moment où il releva la tête, il l'aperçut. Lui là-bas dans le fond, posé sur l'eau, Carlos, accompagné de sa flotte.
Cornelis Corneliszoon Jol s'étrangla presque en hurlant son fameux cri "sus au vilain !".
La bataille fut rude. Cornelis Corneliszoon Jol tranchait la gorge d'un énième pirate et usait de son mousquet sur un autre quand il fut pris d'un violent mal de tête. Tous ces coups de feu et ces cris commençaient à lui vriller les tympans. Pour achever le tout, Carlos de Ibarra réussit à s'enfuir et à gagner le port de Vera Crüz.
C'est la tête martelée comme une batterie de fanfare que Cornelis Corneliszoon Jol posa le pied sur la terre ferme de Vera Crüz. Sa vue commençait à se brouiller et il n'arrivait plus à réfléchir. Il s'enfonça donc dans une droguerie pour acheter de l'aspirine. N'arrivant pas à avaler des pilules, il dut prendre des effervescents. Mais l'eau n'étant pas vendu avec, il dut se débrouiller pour en trouver. Malheureusement, toutes les échoppes étaient fermées, période de vacance oblige.
Cornelis Corneliszoon Jol ne pouvait se résoudre à utiliser de l'eau de mer qui lui donnait des crampes d'estomac. Cette recherche d'eau commença à l'énerver car elle le détournait de sa mission première : Carlos.
Soudain, il vit une sorte de palais métallique qui suintait d'humidité. Il s'y engouffra et découvrit que l'on y fabriquait des petits rectangles jaune et vert appelés éponges. On lui proposa une visite de l'usine, qu'il accepta.
A la fin de la visite, qui fut un grand moment de détente instructive, il acheta une éponge pleine d'eau à la boutique. Une fois sorti du bâtiment, il posa son aspirine sur l'éponge, attendit qu'il disparaisse, puis il présenta l'éponge effervescente au dessus de sa bouche et pressa.
Requinqué, Cornelis Corneliszoon Jol s'apprêtait à retourner bredouille à son navire, quand Carlos de Ibarra sorti à son tour de l'usine. Ce dernier était tellement ravi de sa visite qu'il n'opposa aucune résistance. Sur le chemin, tous deux eurent une discussion passionnante autour de l'éponge. Discussion qui dut s'interrompre brutalement lorsque Cornelis Corneliszoon Jol jeta Carlos de Ibarra à l'eau.

Plus tard, Cornelis Corneliszoon Jol prit l'habitude d'empiler les comprimés sur son éponge et de les regarder fondre.

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